Ozanie-Joseph Nadeau

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Note :

Les généalogistes comptent au moins cinq ancêtres qui portent le patronyme Nadeau ou Nadaud. Ils n\'ont aucun lien de parenté. Ils se prénomment Joseph-Ozanie, Jean-Baptiste, Olivier-François, Joseph et Antoine. Avant d\'essaimer un peu partout en Amérique, ils ont planté leurs premières racines à l\'île d\'Orléans, à Berthier-sur-Mer, à Saint-Michel de Yamaska, à l\'Île-aux-Coudres et à Terrebonne.
Une majorité de Nadeau réclament Joseph-Ozanie comme leur ancêtre commun. Même s\'il arrive en Nouvelle-France relativement tard (entre 1660 et 1662), il est le premier Nadeau dont notre histoire fait mention. Il porte le surnom de Lavigne. Mais pour une fois, le surnom ne prend pas la place du vrai patronyme.
On sait avec certitude qu\'il est le fils de Macia Nadeau et de Jeanne Despins. Il naît vers 1637 dans la localité de Genouillac, dans l\'évêché d\'Angoulême (aujourd\'hui La Charente). Selon le généalogiste Gérard Lebel, il n\'a pas fréquenté l\'école car il ne sait pas signer son nom.
La date de son arrivée à Québec ne fait pas l\'unanimité. Jacques Lacoursière cite les recherches de s¶ur Cécile Nadeau, qui avance l\'année 1662. L\'historien prouve que la chose n\'est pas possible. Ozanie reçoit le sacrement de confirmation à Château-Richer le 11 avril 1662. Or, si tôt dans la saison, la navigation n\'est pas encore ouverte sur le fleuve. Le premier bateau qui accoste à Québec en 1662, en provenance de France, est celui du capitaine Remon, de La Rochelle. Il arrive le 5 juin 1662.
L\'hypothèse la plus plausible est celle du généalogiste Gérard Lebel dans Nos ancêtres. C\'est aussi celle que retient France Nadeau, qui a réalisé le site Internet des Nadeau d\'Amérique. Joseph-Ozanie Nadeau débarque à Québec en 1660. Avant son départ, il a signé un contrat comme engagé pour une période de trois ans. Il sera à l\'emploi d\'un habitant de la Côte-de-Beaupré, probablement à Sainte-Anne-du-Petit-Cap (Sainte-Anne-de-Beaupré). La preuve de tout cela,c\'est que les contrats de trois ans sont la règle commune et qu\'il reçoit sa concession en 1663, trois ans donc après son arrivée.
Les engagés sont libres de retourner dans la mère patrie à la fin de leur contrat. La plupart décident de demeurer en Nouvelle-France. Joseph-Ozanie ne fait pas exception.
Le 3 février de cette même année, il reçoit de Charles de Lauzon trois arpents de front de terre à prendre sur le territoire de la paroisse Sainte-Famille, dans l\'arrière-fief Charny-Lirec, île d\'Orléans.
Gérard Lebel précise que ses voisins se nomment Jean Moreau dit LaGrange et Robert Laberge. Cette ferme se trouve aux numéros 224 et 226 des lots cadastraux actuels, c\'est-à-dire du côté nord à l\'ouest de l\'église Sainte-Famille.
Un beau parti
L\'ancêtre se met immédiatement au travail sur sa nouvelle terre vierge. C\'est qu\'il veut fonder un foyer et qu\'il doit rapidement construire la maison qui abritera sa future épouse et ses enfants à venir.
Il ne se morfondra pas longtemps. Le 2 octobre 1665, le vaisseau Normandie accoste dans le port de Québec. Tous les mâles célibataires de la colonie sont sur les quais. C\'est que, selon le Journal des jésuites que cite Jacques Lacoursière, le navire transporte « 82 tant filles que femmes, entre autres 50 d\'une maison de charité de Paris où elles ont été bien instruites ».
Parmi ces filles du roi se trouve Marguerite Abraham, originaire de la paroisse de Saint-Eustache, à Paris. Elle est la fille de Godgaud Abraham et de Denise Fleury. Elle est âgée de
20 ans. C\'est elle que le fringant Ozanie choisira. Elle dira oui et la sévère Marie-Barbe de Boulogne, veuve de Louis d\'Ailleboust et protectrice des filles du roi, donne son accord. Cela veut dire que notre homme est déjà installé et qu\'à ce titre, il peut être considéré comme un beau parti. Il faut comprendre que les filles du roi pouvaient refuser une demande en mariage. Elles le firent souvent. Leurs protectrices étaient là pour veiller à ce qu\'elles ne tombent pas dans les mains d\'un mari violent, d\'un colon insolvable ou d\'un coureur de jupons.
Le vendredi 6 novembre de la même année, un mois et quatre jours après l\'arrivée de la jeune femme à Québec, le couple se trouve chez le notaire Pierre Duquet pour la rédaction de son contrat de mariage. Comme c\'est la tradition lorsqu\'une fille du roi marie un colon, tout le gratin de Québec assiste à l\'événement. On reconnaît, parmi les notables qui serviront de témoins, le gouverneur Rémy de Courcelles, le marquis de Tracy, commandant en chef des troupes, l\'intendant Jean Talon, Marie-Barbe de Boulogne, etc.
Le couple vivra en communauté de biens selon la Coutume de Paris. « La future mariée, lit-on dans le document, a apporté des biens jusqu\'à la somme de cent livres tournois. » Il faut y ajouter le cadeau du roi : 50 livres. Le futur apporte le douaire coutumier de 200 livres. Les futurs conjoints déclarent ne savoir ni lire si signer. On ignore la date exacte du mariage religieux car l\'acte a été perdu.
Ozanie ne se tourne pas les pouces car, au recensement de 1667, il a alors sept arpents de terre en culture. Et un premier enfant est né. La petite Marie a déjà quatre mois.
Joseph-Ozanie Nadeau ne quittera jamais l\'île. Il quittera cependant la paroisse de Sainte-Famille, du côté nord, pour celle de Saint-Laurent, au sud. Cela s\'explique par le fait que dès 1667, Mgr de Laval avait offert à l\'ancêtre la possibilité de s\'établir à Saint-Laurent sur une terre de quatre arpents de front. Ozanie avait commencé tout de suite à exploiter cette nouvelle terre sans négliger l\'autre. En 1675, il vend sa terre de Sainte-Famille et toute la familledéménage à Saint-Laurent, de l\'autre côté de l\'île.
47 arrière-petits-enfants
Ozanie et Marguerite auront cinq enfants, dont trois contracteront mariage. La petite Marie et son frère Adrien mourront, l\'une à l\'adolescence, l\'autre dans sa tendre enfance. Les autres enfants consoleront leur père et mère tant ils seront féconds. Catherine épousera Jean Roy, à l\'église de Saint-Laurent, en 1694. Ce couple aura 12 enfants, six garçons et six filles.
Jean-Baptiste est le premier garçon à se marier. Il le fera à Beaumont, en 1689. L\'épousée se nomme Anne Cassé, fille d\'Antoine Cassé (ou Lacasse) et de Françoise Pilois. Ils auront 13 enfants, six garçons et sept filles.
Le cadet des garçons, Denis, sera encore plus généreux de sa semence. Il se mariera, lui aussi à Beaumont, en 1695, avec la s¶ur de sa belle-s¶ur, Charlotte Cassé, qui lui donnera 13 enfants. à la suite du décès de cette dernière,
27 ans plus tard, il se remariera avec Élizabeth Roy, avec qui il aura neuf enfants de plus. Il sera donc le père de 22 rejetons. Ce n\'est pas un record en Nouvelle-France, mais c\'est une bonne moyenne au bâton, pour ainsi dire.
La mort d\'Ozanie
Le grand ancêtre des Nadeau mourra relativement jeune : 40 ans. On ne connaît pas la cause de son décès. Il meurt dans son lit, sur sa ferme de Saint-Laurent.
On peut penser que celui à qui il avait vendu sa première ferme de Sainte-Famille est un mauvais payeur. Toujours est-il qu\'il laisse sa veuve et ses enfants dans une situation financière précaire.
Cela pourrait expliquer pourquoi Marguerite se remarie moins d\'une année plus tard avec Guillaume Chartier, originaire de Bretagne. Aucun enfant ne naîtra de cette union qui fut peut-être platonique. Chartier était tout sauf un homme de la terre. Marguerite décédera vers 1694. Son deuxième mari finira sa vie chez les Jésuites de Québec.
Une victime de la Conquête
La petite histoire rejoint souvent la grande. L\'historien Jacques Lacoursière a retrouvé dans les Anciens Canadiens, de Philippe-Aubert de Gaspé, une histoire triste à pleurer et qui concerne un descendant de notre Ozanie.
Il s\'appelle Joseph Nadeau. Il est meunier à Saint-Michel de Bellechasse. Le 29 mai 1760, il est pendu à la suite d\'une condamnation à mort prononcée par le général James Murray. La guerre de la Conquête n\'est pas terminée. Elle ne prendra fin que le 8 septembre suivant.
Nadeau est accusé d\'avoir fourni du pain à l\'armée française et d\'avoir incité la population à la révolte. Un patriote, un vrai. Jacques Lacoursière cite l\'historien-archiviste Pierre-Georges Roy : « Le pauvre meunier fut pendu à unevergue de son moulin à vent. Son cadavre y demeura trois jours, balancé au gré des vents et de la tempête. Murray reconnut bientôt son erreur et, pour réparer sa faute, il adopta les deux filles de la victime. Il les amena avec lui enAngleterre. On a cru longtemps à Saint-Michel de Bellechasse que le général les avait fait périr pendant la traversée de l\'Atlantique... Il est plus rationnel de croire que Murray les fit élever convenablement et qu\'elles devinrent plus tard d\'honorables mères de famille. »
En 1768, le gouverneur Carleton, « pour réparer le déshonneur de l\'armée anglaise », dit le généalogiste Gérard Lebel, fit entrer le fils de Joseph Nadeau, Charles, au Séminaire de Québec et lui paya de solides études classiques.
Roy et Lebel cherchent visiblement à excuser les autorités anglaises de l\'époque. Les généraux anglais, eux, n\'ont jamais présenté d\'excuses aux Acadiens déportés ni aux Patriotes pendus à la prison du Pied-du-Courant, pas plus qu\'áa la famille de Louis Riel. L\'interprétation de notre histoire par des généalogistes et des archivistes trop bien intentionnés est parfois plus triste que la réalité bête et brutale.


né ca 1637 à Angoulême, France
décédé le 10 février 1677 à St-Laurent, io, Québec (âge : 40 ans)
Profession :
Numéro Sosa : 1248
Fils de Macia Nadeau   et de Jeanne Despins



Conjoints 1 :
Marguerite Abraham ; unis le 6 novembre 1665 à Ile d'Orléans, Québec

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Note :

De religion catholique
Elle immigre en 1665 en Nouvelle-France avec une dot d\'environ cent livres

(CT 06-11-1665 Duquet) avec Ozanie-Joseph Nadeau

Selon le Fichier Origine, sa date de naissance est le 5 janvier 1637. Elle était Fille du Roi. (Claude Fontaine)

Ses parents demeurent sur le boulevard de la Tonnellerie à Paris. (selon Fichier Origine)


   née le 5 janvier 1637 à Paris, France
   décédée après le 9 novembre 1695 à St-Etienne de Beaumont, Qc (âge : 58 ans)
   Profession : Fille du Roi
   Numéro Sosa : 1249
   Fille de Godegrand Abraham   et de Denise Fleury

Enfants avec le conjoint : 3
  Denis Nadeau 
né le 25 mai 1673 , décédé le 3 mars 1759  (âge : 85 ans) 
Problème sur le rang
  ( 10ème génération côté paternel )Jean-Baptiste Nadeau( 10ème génération côté paternel ) 
né le 16 avril 1669 à Ste-Famille, io, Québec, décédé le 1er mars 1735  (âge : 65 ans)  à St-Etienne de Beaumont, Qc
Problème sur le rang
  Catherine Nadeau 
née le 5 juin 1676 à St-Laurent, io, Québec, décédée le 21 juillet 1746  (âge : 70 ans)  à St-Pierre, io, Québec
Problème sur le rang
Ré-organisation des rangs